Après une courte trêve et quelques matches de coupe de France, la Ligue 2 reprend ses droits demain avec le match Boulogne-Lens. Le lendemain, le Dijon FCO recevra Amiens. L'occasion d'effectuer, avec Faruk Hadzibegic, une analyse de la saison dijonnaise à mi-parcours.
PARTI en vacances dès la fin du match à Angers, comme l'ensemble de son effectif, Faruk Hadzibegic s'est ressourcé quelques jours en Bosnie avant de reprendre vite le chemin de l'entraînement, puis celui de la compétition sous la forme d'une victoire (5-0) dimanche contre Eclaron en coupe de France. Il nous avait donc donné rendez-vous par avance dans la semaine précédant la reprise du championnat pour faire le point à mi-saison et envisager la suite.
- Faruk, la quatorzième place à la trêve, à un point seulement de la zone rouge, en a déçu beaucoup. Et vous ?
« En tant que coach, j'ai beaucoup de raisons d'être satisfait du travail accompli, mais je consulte bien sûr les chiffres. Je ne suis pas content de notre classement. Vu la difficile saison dernière, je comprends que d'autres s'inquiètent, mais je suis le responsable de cette équipe et je ne peux pas être dans cet état d'esprit. Je dois être plus lucide, avec du recul, de l'analyste et beaucoup plus d'optimisme. »
- Ce classement ne vous interpelle-t-il donc pas ?
« Bien sûr que si. Je me demande pourquoi nous n'avons pas réussi à basculer dans la première partie de tableau lorsque nous en avons eu l'occasion à deux ou trois reprises. Aujourd'hui, la situation est à la fois intéressante et dangereuse. Avec trois points de plus, que nous méritions, nous serions dixièmes, mais ma préoccupation serait la même. Pourquoi n'avons-nous pas mieux négocié les rendez-vous à Guingamp, contre Brest et face à Troyes ? »
« De la qualité et de la sérénité »
- Quelles sont vos explications ?
« J'en ai quelques-unes, même si je ne prétends pas détenir la vérité. Peut-être avons-nous mis tous ensemble trop de pression sur ces tournants, comme si nous avions le couteau sous la gorge, comme si toute la saison se jouait sur ces matches-là. La deuxième explication tient à l'effectif. Quand il est au complet, nous avons une autre approche, une autre qualité de travail dans la semaine, ce qui compte beaucoup pour le match du vendredi. Nous devons créer une culture de la victoire, ce qui demande un état d'esprit compétiteur, à fond la caisse, pas occasionnellement. Quand nous sommes au complet, tout le monde se bouge un peu plus. »
- Avec les nombreuses blessures, cela a rarement été le cas...
« En n'ayant pu utiliser régulièrement que seize joueurs de champ sur vingt-trois, j'estime que nous nous en sortons très bien. Nous avons quand même réussi à acquérir de la qualité de jeu et de la sérénité. Pour le moment, notre équipe est respectable, mais elle n'a pas encore pesé sur le championnat. Je crois néanmoins que nous sommes sur une bonne voie. Il faudra compter avec nous. »
- Estimez-vous avoir tiré le maximum de votre groupe ?
« La première chose que je fais, c'est de me remettre en cause. Mon staff et moi, avons-nous proposé tous les élements nécessaires pour que l'équipe s'exprime comme nous le souhaitons ? C'est pour répondre à cette question que nous avons eu un entretien individuel avec chaque joueur depuis la reprise. De plus, le staff se réunit avant et après chaque entraînement. Je ne pense pas que nous rations la majorité des séances, sinon il faut que je fasse mes valises, mais cela nous arrive de nous dire que nous n'avons pas été bons. Par exemple ce matin (hier). Nous avons proposé un bon exercice, dont nous souhaitons voir les effets vendredi contre Amiens, mais les joueurs n'ont pas été bons dans la réalisation. Nous leur avons sans doute accordé trop d'excuses, comme le terrain synthétique ou le froid. Nous devons augmenter notre exigence, être plus saignants, quitte à chercher le conflit. »
- Pensez-vous également à des causes extérieures pour expliquer votre classement ?
« On ne va pas développer les concours de circonstances. Ça ressemblerait à des excuses. En revanche, il faut tenir compte des adversaires. Il ne faut pas croire qu'ils sont nuls. Eux aussi travaillent. »
- Votre effectif n'est-il tout simplement pas assez armé pour aller plus haut ?
« Nous avons un groupe de qualité et je suis persuadé que nous allons en tirer encore plus maintenant que le temps d'adaptation est passé, mais il a aussi ses limites. C'est une équipe encore en construction. Au-delà de leurs qualités, les jeunes doivent cultiver la passion de ce métier et profiter du bonheur de côtoyer des joueurs expérimentés. Il faut qu'ils passent par toutes les situations, être encensés ou critiqués, être titulaires, remplaçants ou hors du groupe. C'est ainsi qu'ils apprendront la responsabilisation. Les anciens ont amené plus de professionnalisation, d'implication et de sérénité dans le vestiaire. C'est très bien pour le groupe de gens que nous préparons pour la suite. »
- Avec toutes ces données, que peut espérer le DFCO pour cette deuxième partie de saison ?
« Depuis le départ, l'objectif est de terminer entre la huitième et la dixième place pour stabiliser l'équipe et préparer l'avenir. Avec la moitié des points nécessaires au maintien, alors qu'il reste vingt matches, je pense que nous sommes dans les clous. A l'intérieur du groupe, nous espérons finir entre la cinquième et la huitième place, mais cela oblige à ne pas répéter les erreurs commises en première partie de saison, à être constant et cohérent. Je suis convaincu que nous allons arriver à réaliser ce que nous souhaitons. »
- Quelles sont les premières étapes de ce parcours ?
« Nous allons essayer d'être dans les dix premiers fin janvier et de rester qualifiés en coupe de France. Ce n'est pas l'objectif principal, mais bien une motivation supplémentaire. »
- Comment voyez-vous le match contre Amiens vendredi ?
« Certes, nous n'avons battu qu'une DH dimanche dernier, mais c'est le type de match qui enrichit. Ce qui m'a satisfait, c'est la manière dont nous avons abordé cette rencontre et dont nous l'avons menée pendant quatre-vingts minutes. Si nous affichons contre Amiens le même état d'esprit qu'en coupe, il n'y aura pas de souci. »
Propos recueillis par Philippe CROLY-LABOURDETTE
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